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Interview: Le Rappeur camerounais « FLAIR » se dévoile.

Avant cette appellation, mon premier nom d’MC c’était JANASEC ; très, très, très peu de gens le savent. Au niveau de « Sexion Pompe Funèbre » avec mes potes on avait des noms tout aussi morbide que l’appellation de la Sexion et dans celle ci, je me nommais « CERCUEIL » et j’ai parfois signé sous ce nom là en dédicace à mon passé

Bonjour « Flair », et Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions

Mon Pote Claude Marc, salut dédicace en Or Massif à toi et à toute la Team de lesrencarts.com Merci de m’offrir la Parole.

Présente-toi à nos lecteurs qui te découvriront en te lisant.

A l’état Civil je me nomme Yves Martial YAYE, dédicace en Or massif en passant à tous mes camarades qui se reconnaîtront à travers l’évocation de mon nom ou la lecture de mon nom.

Ton nom d’artiste est « Flair », mais pour ceux qui te connaissent vont jusqu’à rajouter « Malfrat sans infraction » et bien d’autres appellations encore. Pourquoi ces choix ?

Oui, je me nomme Flair, Naturellement et il faut dire que c’est un Blazz que je me suis choisi en Vrai, en Violent, en Direct.  Avant cette appellation, mon premier nom d’MC c’était « JANASEK » ; très, très, très peu de gens le savent. Au niveau de « Sexion Pompe Funèbre » avec mes potes on avait des noms tout aussi morbide que l’appellation de la Sexion et dans celle ci, je me nommais « CERCUEIL » et j’ai parfois signé sous ce nom là en dédicace à mon passé ; et j’en profite pour faire une dédicace en Or Massif à titre posthume à tous mes potes qui sont décédés ; parce que malheureusement on avait dessiné le diable sur le Mur et il est apparu ; moi je suis encore en vie et je rends Grace à Dieu. Et bien sûre Il y a eu de nombreux autres:

  • SUSPECT POTENTIEL, du fait de ce que j’ai une mine particulière et très suspecte (rire), comme je l’avis dit dans un son « je marche très tard dans la nuit, je croise un Mec qui me dit ouais stp tiens ma montre voilà mon portefeuille, ne me fais pas de mal, pourtant je ne lui ai rien demandé (rire), mais il me dit stp ne me fais pas de mal prends ma montre et tout, et moi je dis OK Frère puisque tu me donnes je ne vais pas refuser quoi ! » c’est une petite anecdote pour dire à quel point je ne sais pas pourquoi je renvoie toujours cette image aux inconnus ; pourtant ceux qui me connaissent savent que je suis un Mec de confiance
  • MALFRAT SANS INFRACTION toujours en rapport avec cette logique, je suis qualifié de Malfrat mais je n’ai pas d’infraction bien que je vous ai décrit l’infraction que j’ai eu à faire avec ce Mec à qui j’ai dérobé les biens malgré moi, c’est lui qui insistait Frère j’allais faire comment ? c’est lui qui insistait il ne fallait pas le décevoir (rire)
  • RACAILLE DE QUALITE ça va dans le même sens. Pourquoi !? parce que je suis une Racaille mais je suis un Mec de Qualité et de premier choix. J’ai les bonnes manières, la bonne éducation. En gros, je suis un couteau à double tranchant : être une Racaille quand il le faut et un Mec de qualité quand il le faut ; c’est ce que le Hip Hop nous a enseigné, particulièrement Moi
  • CRÉATEUR DE RICHESSE, comme je le dis à tous ceux qui ont la chance de travailler avec moi c’est de profiter de ma présence parce que généralement, je suis quelqu’un qui permet aux autres de s’émanciper et de faire beaucoup d’argent. Même dans mes voyages, c’est ce que je dis toujours à ceux que je rencontre « Frère tu sais on est ensemble, profite de ma présence pour te faire un peu d’oseille, parce que Voilà, moi je marche comme ça ; même si j’en ai pas plein les poches, moi je permets aux autres de se faire facilement de l’argent ; et ça c’est un DON QUE DIEU M’A DONNE. Des AKA il y en a tellement, la suite dans un prochain épisode (rire)

D’où viens-tu ? Région et Département ?

Je viens à la fois de la Région de l’Est Cameroun et de la Région du Centre Cameroun, de deux départements voisins qui appartiennent à ces deux Régions ; à l’Est Département du Haut Nyong chef-lieu ABONG-MBANG et au Centre Département du NYONG ET MFOUMOU arrondissement d’Ayos. Dédicace en Or massif à la Famille YAYE et à la Famille MBIDA obligé de les citer toutes pour éviter qu’il n’y ait pas de quiproquo si les uns et les autres lisent cette interview.

Quelle est la musique de là-bas ?

En Résumé on va dire que c’est du Bikutsi Frère. Pour que les gens comprennent plus facilement, parce que le Bikutsi en lui-même à plusieurs couleurs.

Comment t’es venu cette envie de devenir artiste?

Il faut dire que je n’ai pas eu envie de devenir artiste Frère, je suis né artiste et il faut dire que tout petit déjà j’interprétais des sons pas de façon grand public ; c’était à la maison et en famille. Il y a cette image de moi que j’ai où je me suis vu en Photo alors que j’étais en Maternelle ; une photo que j’ai découverte dans les effets de ma Grand-mère, c’était Moi face à un RACK. Je suis au salon à la maison chez mon Grand Père qui à l’époque était un Haut Commis de l’Etat du Cameroun, j’ai le casque aux oreilles et je me souviens lorsque j’ai vu cette image j’ai eu un Flash qui m’a rappelé toute cette journée et il est très rare que des souvenirs de ma très tendre enfance me reviennent. Je précise qu’à ce moment nous étions dans les années 1980. A la vue de cette photo je me suis dit « ooor… sur la vie de Ma Mère, je fais…je fais du son depuis la maternelle..je fais du son depuis la maternelle » je le dis parce qu’en fait j’ai eu affaire à trop de barrages pour pouvoir faire de la musique et je m’étais demandé « pourquoi ma Grand-mère (c’est elle qui m’a élevé) n’a-t-elle pas voulu que je fasse du son ? » Bon, je suppose c’était en rapport avec les clichés de l’époque qui voulaient que les sportifs et les artistes étaient des voyous, des ratés quoi ! Encore qu’à la maison ils étaient des Hauts Commis de l’Etat camerounais. Ils voyaient ça comme du voyoutisme.

Comment était ton enfance, quelle musique écoutais-tu plus jeune ? Comment es-tu tombé amoureux de la musique plus précisément du Rap ?

Mon enfance était heureuse. J’ai été un enfant heureux, solitaire au départ et près je suis entré dans la jungle. La solitude qui d’ailleurs est un élément qui ne me quitte pas vraiment parce que je sais rester seul longtemps ça c’est l’une de mes particularités. Tout petit j’étais seul Petit Fils à la maison des Grands Parents qui n’avaient que moi et les domestiques, vous comprenez que très longtemps j’ai été toujours obligé de créer mon propre univers pour pouvoir exister, j’ai créé mes amis virtuellement, j’avais mes jouets qui m’accompagnaient ; mes jouets étaient des personnages à qui j’attribuais des noms. Après lorsque je vais entrer dans la bulle où il y a tous les autres enfants, je vais subir des frustrations et apprendre avec le temps.  C’était un peu ça ma bulle pendant ma petite enfance.

Comment définis-tu ton rap? Est ce qu’il se différencie du rap FR ou du rap US ?

Bah… que dire ! C’est à vous de me dire comment est ce que vous percevez mon Rap. Moi ce que je sais c’est que je ne suis ni Old School, ni New School, je suis School Buissonière Frère Pourquoi ? Parce qu’on sait tous qu’il y a des clivages entre ces deux époques aujourd’hui et moi je pense que toutes choses évoluent dans la vie, l’Art, la Musique et le Rap en particulier que je fais et naturellement. Il y a de nouveaux phénomènes, de nouvelles accros du Rap qui se sont développées au fil des temps. Aujourd’hui le Rap le plus écouté c’est le Melstream. C’est fait d’une autre façon j’arrive également à le faire autant je fais du Boombap. Mon Rap se différencie t’il de celui de la France ou des US ? je répondrai en disant que c’est un mélange ; parce qu’à la base, ça part des Etats-Unis. C’est des univers qui ont un impact sur nous, la France aussi musicalement dans la Rap il ne faut pas qu’on le nie. Certes aujourd’hui on se réapproprie notre identité en termes de musique en incluant dans notre façon de faire des préceptes africains de construction de musique et tout ce qui va avec. Pour finir, je dirai que j’essaie de ne pas me catégoriser et naturellement quand il y a une tendance je m’y essaie également.

Cela fera bientôt 6 Mois que tu t’es installé en Côte d’Ivoire, pourquoi avoir quitté ton pays le Cameroun ? penses-tu que la Côte d’Ivoire sera ton Eldorado musicalement et culturellement parlant ?

Je suis à plus de 2 ans de vie hors du Cameroun. J’ai été au Sénégal, plus précisément à Dakar, j’étais à Ouagadougou où j’ai travaillé dans le cinéma (FESPACO), je mes suis fait beaucoup d’amis, une petite escale au Mali et en Guinée Conakry. La Côte d’Ivoire est un pays où les autorités ont des projections très dynamiques pour le développement. Il y a un certain pragmatisme dans l’action ici (côte d’ivoire). En comparaison avec l’environnement des affaires et du développement Général, qu’il y a chez moi au Bled (Cameroun), et après tous les espaces que j’ai sus cité et par lesquels je suis passé, j’ai conclu qu’Abidjan est le meilleur espace pour pouvoir s’établir peut être pour un temps. Regardez ce qu’ont fait « Himra » et « Didi B », c’est des façons de faire qu’on a de la peine à faire au Cameroun et moi en tant que rappeur naturellement, bien qu’ayant été l’un des premiers précurseurs du Mbolé à travers mon antenne à la CRTV Yaoundé FM 94 (j’ai l’archive pour tous ceux qui douteront)  où je reçois Petit Malo et je dis « ça c’est la première émission sur laquelle on consacre 30 minutes de Mbolé chaque semaine » et c’était sur Urban Hit aujourd’hui c’est devenu un mouvement. Je le faisais à l’époque parce que naturellement ainsi vont les phénomènes de société. Le Rap également a commencé comme le Mbolé avec beaucoup de clivage, il a fini par s’imposer au fil du temps. Le Mbolé aujourd’hui grâce à la technologie et les réseaux sociaux qui permettent de communiquer plus facilement est devenu un phénomène qui je crois aujourd’hui est la musique camerounaise la plus pratiquée au risque de me tromper (n’étant pas sur place). Moi n’étant pas un artiste mbolé mais  rappeur, il fallait que je m’installe dans un univers où j’aurai plus de pairs avec qui échanger puisqu’au Cameroun, à date plusieurs rappeurs sont devenus des artistes Mbolé. Moi je revendique ce statut « RAPPEUR » ; je ne suis pas qu’un musicien je suis artiste, musicien rappeur ; parce que quelque soit le son sur lequel je suis invité, c’est du Rap que je ferai Frère ; même si je chante parce qu’aujourd’hui on est tous d’accord et je l’ai dit je suis school buissonnière dans le Rap de nos jours il est possible de chanter. D’ailleurs dans mon son « Même l’enfer ne voudra pas de moi » je commence avec un chant de malade au départ. Je ne parlerai pas d’Eldorado, mais d’un endroit où l’on peut se mouvoir contrairement au Cameroun. La preuve, vous avez les meilleurs rappeurs ivoiriens, les melstream en tous cas qui tutoient ceux d’ailleurs ; et chez nous (Cameroun) on est d’accord que ça ne se fait pas. On a certes un gars comme KO-C qui a sa bulle musique très world (il faut le dire finalement) qui a une très bonne approche en termes de Management qui mène à bien son projet, mais je crois que pour la majorité, c’est compliqué. Tenez par exemple ici (Côte d’Ivoire) Lorsque vous êtes soutenus par les Fans ils vous « Surlivent » c’est ça le mot n’est ce pas ? (rire) les fans vous élèvent chez nous (Cameroun) ils ont de la peine à surliver (rire) les artistes. Pour terminer je dirai, que ce n’est ps l’Eldorado, mais c’est mieux que le Cameroun Culturellement parlant, en termes de subvention, respect des droits d’auteur, de tout ce qui est de la gestion culturelle ; il n’y a même pas photo. Ici (Côte d’Ivoire) le Culturel est boosté par le Politique, chez nous (Cameroun) le Politique fait tout pour museler le Culturel dans son ensemble, c’est ma Vision.

Avant ton départ pour la Côte d’Ivoire, tu étais Animateur Radio à la CRTV Yaoundé FM 94. Tous les Fans de Musique Urbaine de Yaoundé et ses environs étaient scotchés de 16h-18h. Qu’est devenu ce projet ?

(Rire) Avant mon départ, j’étais animateur à la CRTV Yaoundé FM 94. Le 16h-18h pour ceux qui écoutaient au départ l’appellation c’était TUB FM d’Alain DEXTER qui devient « Urban HIT » quelque temps après lorsqu’on change la grille des programmes. J’ai longtemps été son Réalisateur, Chroniqueur puis j’ai pris les rennes de l’émission. Je crois aujourd’hui, l’émission est passée aux oubliettes, avec l’arrivée du nouveau Directeur des programmes.

Si tu devais changer radicalement de genre musical, dans lequel serais-tu le plus épanoui ?

Je sais pas, vu que moi je kiffe tous les hérésies musicaux frère, je suis certes un rappeur mais j’ai des musiques que j’aime dans tous les hérésies musicaux, donc je sais pas, je ne pourrais pas donner un registre particulier que j’aurais souhaité faire, donc en disant le Reggae peut-être, mais moi je vous dirais non, j’aime autant le Reggae que la New Soul, que la Pop, que le Rock, que le Makossa, que le Mangambe, que le coupé décalé, que le Zouglou, que le Mbalax, tu vois ce que je veux dire, moi ce que je kiffe c’est les belles sonorités, peu importe le registre mon gars, donc c’est pour ça que je suis pas limité pour les collaborations, un japonais m’appelle et demande un featuring sur un registre de musiques japonaises frère, moi je tape dessus, le maître mot c’est le bien fait, c’est le beau à entendre, tu vois ce que je veux dire, avec au mieux des paroles saines, des paroles qui construisent quelque chose de bon, dans l’esprit de celui qui écoute, c’est ça ma perception, au sujet de mes futurs projets musicalement parlant, un album en vue et il y a un clip qui est en gestation. Je l’ai fait en collaboration avec un rappeur ivoirien qui se nomme Anka Timini, le titre c’est « Si Seulement », une allusion à ce qu’on aurait souhaité. Une deuxième collaboration avec un reggae man ivoirien, Mighty Janka, et ensemble, nous sommes en train de monter un projet de spectacle sur différents espaces, public, parapublic, privé, question de faire mousser les choses,. Chata Dem et Prince Abraham sont également de la partie. Tous des reggae man ivoiriens, on s’est connu à travers les Sound System qu’on organise ici sur Abidjan, à Blockhauss Je leur ai dit à ces négros moi je vois ce qui se passe, sur Abidjan ils n’ont rien à Prouver, sur la Côte d’Ivoire. Dédicace en or massif à Monsaï Demansbori qui est celui qui a soutenu ce projet depuis le départ.

Quels sont tes futurs projets? Un album en vue?

Au sujet de mes futurs projets musicalement parlant, un album en vue et il y a un clip qui est en gestation. Je l’ai fait en collaboration avec un rappeur ivoirien qui se nomme Anka Timini, le titre c’est « Si Seulement« , une allusion à ce qu’on aurait souhaité. Une deuxième collaboration avec un reggae man ivoirien, Mighty Janka, et ensemble, nous sommes en train de monter un projet de spectacle sur différents espaces, public, parapublic, privé, question de faire mousser les choses,. Chata Dem et Prince Abraham sont également de la partie. Tous des reggae man ivoiriens. Nous nous sommes connus à travers les Sound System qu’on organise ici sur Abidjan, à Blockhauss Je leur ai dit à ces négros moi je vois ce qui se passe, sur Abidjan vous n’avez rien à Prouver, sur la Côte d’Ivoire. Dédicace en or massif à Monsaï Demansbori qui est celui qui a soutenu ce projet depuis le départ.

Merci de t’être prêté au jeu et Joyeux Anniversaire. Le 07 Décembre 2024 dernier tu as eu un an de plus. Nous sommes curieux de savoir quel âge tu as ? (rire)

Claudy j’ai eu un an de plus, et puis voilà, on s’en tient à ça. (Rire). J’étais dans les années 80 en violant, en direct, et je t’ai dit je suis un dinosaure frère, je viens du Cro-Magnon, du Néandertal frère, j’étais là à l’époque des pyramides frère, j’étais là à l’époque du Big Bang frère, tu vois ce que je veux dire, en vrai, en violant, en direct; je date il y a très longtemps frère, ah ouais … (rire) en vrai, en violant, en direct, c’est tout ce qu’il faut retenir. (Rire). ok merci Claudy pour ces questions, et puis merci encore, ainsi qu’à toute l’équipe. Je reste ouvert, et je vous tiens informer pour mes aventures, parce que pour moi la vie n’est qu’une grosse aventure, en vrai, en violant, en direct.

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