Intimidation jusqu’au jour de publication. Le 30 avril, mercredi, à Paris, des locaux de la maison d’édition Presses Universitaires de France (Puf) ont été vandalisés par un collage illégal, comme le montrent plusieurs images diffusées sur les réseaux sociaux. Leurs vitrines ont été décorées avec l’inscription « Féministes contre la propagande fasciste », tandis que des pochoirs portant les phrases « Féministes woke fières » et « PUF + Stérin = cœur » ont été peints sur le trottoir. L’incident de vandalisme s’est produit le jour de la publication du livre Face à l’obscurantisme woke, dirigé par la professeur de lettres Emmanuelle Hénin, accompagné du linguiste Xavier-Laurent Salvador et de l’historien Pierre Vermeren.
Cet ouvrage, qui a pour objectif de combattre les « dérives idéologiques qui affaiblissent l’université », et réunit les travaux de 26 auteurs et chercheurs d’une incontestable légitimité académique, est au centre d’une controverse orchestrée par certains médias et intellectuels dans le but d’entraver sa publication. Cela fait un mois et demi qu’il est en gestation. Dans un premier temps, l’éditeur avait décidé de ne pas publier le jeu, avant de finalement changer d’avis et de simplement repousser sa sortie, qui était initialement prévue pour le 9 avril. L’origine de cette cabale médiatique réside à la fois dans le sujet brûlant et dans les relations entre les écrivains et le milliardaire catholique Pierre-Edouard Stérin.
Tout a débuté le 7 mars, lorsque Patrick Boucheron, historien et professeur au Collège de France, ainsi que coauteur de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, avait tiré les premières flèches. Lors d’une journée de protestation contre les réductions budgétaires imposées par Donald Trump dans le domaine de la recherche américaine, il avait exprimé son indignation : « On trouve également quelques imbéciles utiles au sein de l’université. Des livres continuent de sortir. Il existe un ouvrage publié par les PUF intitulé Face à l’obscurantisme woke. « Aux PUF ! Aux PUF ! ». Juste après la production de cette œuvre, alors que le texte avait été révisé, mis en page, avec une couverture sélectionnée et une date de sortie planifiée sur le site des PUF ainsi que sur les réseaux sociaux, la direction a annoncé dans un communiqué qu’elle mettait en pause la publication. Certaines publications de gauche, notamment Libération, Le Monde et L’Obs, se réjouissaient. Pour eux, rien que le titre du livre suffisait à le disqualifier.
Albin Michel, Fayard, Ellipse…Les éditeurs se sont donc précipités pour proposer sa publication. C’est finalement avec Jean-Luc Barré, qui dirige Plon, que les discussions progressent. Trois écrivains s’élèvent contre cette décision, tandis que les autres acceptent l’idée de publier chez Plon. Avec cette étiquette sur la couverture : « Le livre interdit ». Au bout de quelques jours, le directeur des PUF, Paul Garapon, a finalement révisé sa position, ce qui a déplu aux auteurs qui auraient préféré opter pour une autre maison d’édition. Avec le recul, Paul Garapon affirme qu’il n’a jamais été question de faire censure sur l’œuvre, mais simplement de retarder sa parution… « Nous avons dû prendre le temps de procéder à des contrôles », affirma-t-il au Figaro à la fin du mois de mars.


