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Arrêtés par la police israélienne, les libraires palestiniens relâchés

Des opérations ont été menées par des agents de la police israélienne dans deux librairies symboliques de Jérusalem-Est, qui se consacrent à l’identité palestinienne et au conflit israélo-arabe. Un grand nombre de livres ont été confisqués et leur propriétaire, Mahmoud Muna, ainsi que son neveu, Ahmad Muna, ont été appréhendés. Medi Weaves, le réseau des librairies indépendantes en Méditerranée qui inclut le premier,  informe qu’ils ont été libérés ce matin. Cependant, leur situation demeure floue…

Marilia Di Giovanni, la directrice générale qui a fondé Medi Weaves et la propriétaire de la librairie Casa del Libro Rosario Mascali à Syracuse, a reçu cette information d’Orly Noy, présidente de B’Tselem et proche de Mahmoud Muna. Ensemble, ils ont traduit plusieurs œuvres en arabe ou en hébreu. Mathew Teller, écrivain britannique de Daybreak in Gaza, Nine Quarters of Jerusalem et ami du libraire emprisonné, a corroboré la nouvelle grâce à une image des deux libraires en liberté. s accusations de violation de l’ordre public sont tombées lors de leur audience devant un tribunal ce lundi. Aux dernières nouvelles, ils sont assignés à résidence pour cinq à huit jours, et n’ont pas le droit de retourner dans leurs librairies les 15 prochains jours », apprend la librairie italienne. Marilia Di Giovanni et les membres du réseau Medi Weaves attendent désormais de nouvelles directes de Mahmoud Muna.

On évoque des décisions de justice « pour ne pas perdre la face », selon une analyse rapportée par nos confrères du site ActuaLitté. Et de préciser : « Les neuf diplomates présents ont dû intervenir pour éviter de condamner arbitrairement les deux libraires. » Effectivement, des délégués de divers pays, y compris la France, le Brésil, l’Irlande, la Suisse et l’Italie, ont tenu à apporter leur soutien aux personnes accusées. Le consulat de France a même partagé son « indignation » sur son compte X officiel, affirmant : « Ces agressions ciblant une librairie, un emblème culturel reconnu à Jérusalem, portent atteinte manifeste à la liberté d’expression et aux valeurs démocratiques essentielles. » Selon l’AFP, environ soixante manifestants se sont également réunis devant un tribunal à Jérusalem pour montrer leur soutien à deux libraires palestiniens.

Mathew Teller a plaidé pour la libération de Mahmoud Muna et Ahmad Muna, en déclarant notamment : « Les allégations à leur encontre sont fausses et malveillantes. Leur arrestation – un raid secret dans une librairie de renom établie depuis plus de quarante ans, suivie de menottage, d’interrogatoires prolongés et de détention – est inacceptable. Cette action illégale constitue une nouvelle intensification de la répression exercée par les autorités israéliennes sur les droits et libertés des résidents de Jérusalem. » Et de préciser : « Mahmoud Muna et Ahmad Muna, tous deux, ont été pour moi des piliers de soutien professionnel, et j’ai collaboré et voyagé avec Mahmoud, partageant une scène face à un public pendant de nombreuses années. Je ne ressens que respect et admiration pour les efforts qu’ils déploient à Jérusalem pour préserver, promouvoir et défendre la culture littéraire palestinienne. Dans une démocratie, il n’est pas justifié de criminaliser les libraires. »

À la suite d’une opération sanctionnée par un mandat de perquisition judiciaire, les libraires ont été retenus pendant la nuit au sein des bureaux de la Mission russe de Jérusalem. « Ils ont saisi tous les ouvrages qui ne leur plaisaient pas », avait déclaré Murad Muna, le frère d’Ahmad Muna, en se référant à l’action menée par la police israélienne. Parmi les ouvrages saisis figuraient Wall and Piece de l’artiste Banksy, Gaza in Crisis coécrit par le célèbre universitaire américain Noam Chomsky et le chercheur israélien Ilan Pappé, ainsi que Love Wins du réalisateur et photographe canadien Afzal Huda… Il a également évoqué un cas où les forces de l’ordre ont réagi à la présence d’une version du quotidien Haaretz contenant des photos d’otages, questionnant son contenu avant de juger qu’il incitait à la violence et confisquant tout ouvrage présentant un drapeau palestinien.

 

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