En une décennie, le chanteur et compositeur nigérian Damini Ebunoluwa Ogulu alias Burna Boy, 31 ans, s’est imposé comme une figure phare de l’afro-fusion, capable de faire se déhancher les foules autant qu’émouvoir et faire passer des messages engagés célébrant la culture africaine, inspirés par l’inventeur de l’afrobeat Fela Kuti. Enchaînant les tubes mixant l’afrobeat, le dancehall, le reggae, le hip-hop et le R’n’B ainsi que les collaborations (Beyoncé, Jorja Smith, Kehlani, Drake, Lily Allen, Mabel, Stormzy), il a séduit un public de plus en plus large.
Alors qu’il se produisait à L’Olympia en 2019, c’est cette-fois ci dans l’immense Paris La Défense Arena (presque remplie), à Nanterre, qu’il élisait domicile le 20 mai, une salle qui peut contenir presque 40 000 âmes). Preuve que les Français ont définitivement adopté l’interprète du hit Like to Party (2012). L’« African Giant » était venu défendre son sixième album studio, Love Damini, sorti l’an dernier, dans le cadre du Love Damini Stadium Tour.
Et il avait sorti le grand jeu. Après un DJ set festif, chauffant la salle à coup tubes (Rihanna, Jay-Z et Kanye West), c’est Nile Rodgers, guitariste, auteur-compositeur et producteur américain culte échappé du groupe Chic qui ouvre le bal. En quelques notes, celle du tube disco-funk Good Times, il met le public en émoi, le préparant à plus de deux heures de show impressionnants préparer par Burna Boy.
Une guest star de luxe au concert parisien de Burna Boy : Jorja Smith
Burna Boy arrive aux alentours de 21h20 sur scène, au milieu des cris des fans et des bracelets lumineux aux couleurs changeantes distribués à l’entrée du show. Le charismatique chanteur, vêtu d’une tenue noire architecturale signée Robert Wun, est entouré d’une scénographie spectaculaire sur le thème du cirque, avec un manège installé au milieu, des danseuses, des choristes et d’impeccables musiciens (mention spécial au saxophoniste, tout simplement prodigieux).
Le public, surexcité, en a pour son argent. En plus de donner le meilleur de lui-même vocalement (notamment avec trois prestations a cappella époustouflantes), malgré des problèmes de micro, et physiquement (alternant pas de danse chaloupés et strip-teases), Burna Boy chante de nombreux hits tels que Common Person, Onyeka ou Last Last. Le climax du show qui oscille entre moments d’émotion et séquences hédonistes invitant à se déhancher et à chanter en chœur ? Lorsque la chanteuse Jorja Smith – en combinaison Jean Paul Gaultier – monte sur scène pour interpréter avec la star nigériane leur single Be Honest. Leur alchimie est palpable et le bonheur qu’ils semblent éprouver à être là, face à un public fervent, communicatif.