Ce show qui devait initialement avoir lieu le 7 avril 2025 dernier, a dû être repoussé à la demande d’associations rwandaises. Cette date marque chaque année le début des commémorations du génocide des Tutsis au Rwanda.
Ce contexte tendu, dans une période marquée par des relations diplomatiques sensibles entre Kinshasa et Kigali, n’a pas entamé l’enthousiasme des participants: « Ce soir, il ne s’agit pas de politique. Il s’agit d’humanité, de solidarité, et de faire entendre la voix de ceux qu’on oublie », glisse une spectatrice à l’entrée de l’Accor Arena.

Paul Wemo Ekosa, le président de l’association congolaise d’aide aux victimes des massacres dans l’Est de la RDC participait à cette action de sensibilisation. « Ce n’est pas seulement un concert. Pour le concert, on va avoir Maître Gims, on va avoir toutes les stars que l’on aime beaucoup. Mais l’objectif, c’est de sensibiliser le peuple à comprendre que nous devons tous nous lever pour dénoncer ce qui se passe en République démocratique du Congo et qui dure. Le problème du Congo dure », martèle-t-il.
Sur scène, les performances se sont enchaînées pendant plus de trois heures. Le chanteur gospel Moïse Mbiye, la star de la rumba Fally Ipupa, mais aussi Chily, Theodora, Ya Levis, Dadju, Gazo, Didi B ou encore Youssoupha, avec son morceau “Free Congo”, ont électrisé la salle. Les artistes, venus du Congo, de la diaspora ou de la Côte d’Ivoire, ont chacun livré un message, une énergie, une prière.
Tous se sont produits à titre gracieux. Une initiative solidaire : l’intégralité des recettes du concert sera reversée à des associations locales qui interviennent sur le terrain à l’Est de la RDC, auprès des enfants et des familles affectés par les conflits armés.

La soirée a également été marquée par des prises de parole fortes. Sidiki Diabaté a ému le public en jouant l’hymne congolais à la kora.
Lors de l’événement, une vidéo sur le conflit en RDC a été projetée, contenant les témoignages de femmes « survivantes », dont deux se sont brièvement exprimées sur scène. « Nous avons besoin de la paix et de la justice pour ne plus jamais être seuls », a dit l’une d’elles.

Une émotion collective, prolongée par la clôture spectaculaire assurée par Maître Gims, accompagné de la jeune artiste Gloria Bash, venue de Bukavu.
« Le concert a été important à organiser, parce que tout le monde voit ce qui se passe au Congo, et particulièrement à l’Est. Et pour nous, il était important d’être solidaire avec cette population qui souffre au quotidien, et particulièrement, les enfants », a expliqué Elvis Adidama, cofondateur de l’événement.
Avant d’ajouter : « La plus belle réponse, c’est de voir tous ces gens présents ce soir à l’Accor Arena… Cette communion de toutes les couleurs de peau, de toutes les origines… C’est la meilleure réponse qu’on peut donner aux détracteurs. »
Rappelons que depuis trente ans, l’Est de la RDC, région riche en ressources naturelles, est ravagé par des violences meurtrières impliquant une myriade de groupes armés et certains pays voisins. Ces conflits se sont récemment intensifiés avec l’offensive éclair menée par le groupe armé M23, soutenu par des troupes rwandaises, qui lui a permis de s’emparer de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu). Les dernières violences ont fait des milliers de morts et forcé des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer, selon l’ONU et le gouvernement congolais.


