C’est l’élection la plus secrète au monde. Lorsque 133 cardinaux catholiques seront enfermés dans la chapelle Sixtine ce mercredi 07 Mai pour choisir le successeur du pape François, chacun d’entre eux aura prêté serment sur les Évangiles de garder les détails secrets à vie.
Il en va de même pour toutes les personnes présentes au Vatican pendant le conclave, qu’il s’agisse des deux médecins présents en cas d’urgence ou du personnel de la salle à manger qui nourrit les cardinaux. Tous s’engagent à observer un « secret absolu et perpétuel ». Pour s’en assurer, la chapelle et les deux maisons d’hôtes seront passées au peigne fin, à la recherche de micros et de mouchards.
Une fois entrés dans la chapelle Sixtine, les cardinaux ne doivent plus communiquer avec le monde extérieur jusqu’à ce qu’un nouveau pape ait été élu. Il n’y a qu’un seul tour de scrutin le premier après-midi du conclave. À partir du deuxième jour, les cardinaux procèdent à deux votes chaque matin et à deux votes chaque après-midi dans la chapelle, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul candidat au poste de pape.
Pour être élu pape, un candidat doit obtenir les deux tiers des voix des cardinaux électeurs. Lors du vote, chaque cardinal électeur inscrit le nom de son candidat favori sur le bulletin de vote sous la mention Eligio in Summum Pontificem, qui signifie en latin « J’élis comme Souverain Pontife ».
Pour préserver le secret du vote, les cardinaux ont pour consigne de ne pas utiliser leur écriture habituelle. Si aucun vote décisif n’est intervenu à la fin du deuxième jour, le troisième jour est consacré à la prière et à la contemplation, sans qu’aucun vote n’ait lieu. Le vote se poursuit normalement après cette période.
L’ensemble du processus peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Deux fois par jour, pendant le conclave, les bulletins de vote sont brûlés et les personnes se trouvant à l’extérieur du Vatican peuvent voir la fumée sortir de la cheminée de la chapelle Sixtine.
De l’encre noire ou blanche est appliquée sur les bulletins de vote. La fumée noire signifie un vote non concluant ; la fumée blanche indique le choix d’un nouveau pape.
Qui sera le nouveau pape ?
Avec 80 % des cardinaux nommés par le pape François, c’est la première fois qu’ils élisent un pape – et ils le feront avec une large perspective mondiale. Pour la première fois dans l’histoire, moins de la moitié des cardinaux votants seront européens. Le Brésil compte sept représentants dans ce groupe.Bien que le collège soit dominé par les nominations de François, ces nominations n’avaient pas un profil exclusivement « progressiste » ou « traditionaliste ».
C’est pourquoi il n’a jamais été aussi difficile de prédire qui sera élu prochain pape. Parmi les noms les plus cités comme successeurs possibles de François figurent (par ordre alphabétique) :
Angelo Scola, Italien, 83 ans ;
Fridolin Ambongo Besungu, Congolais, 65 ans ;
Luis Antonio Gokim Tagle, Philippin, 67 ans ;
Peter Erdo, Hongrois, 72 ans ;
Peter Kodwo Appiah Turkson, Ghanéen, 76 ans ;
Pietro Parolin, italien, 70 ans ;
Pierbattista Pizzaballa, italien, 60 ans ;
Marc Ouellet, Canadien, 80 ans;
Michael Czerny, Canadien, 78 ans;
Reinhard Marx, allemand, 71 ans ;
Robert Prevost, Américain, 69 ans ;
Robert Sarah, Guinéen, 79 ans.
De nouveaux noms devraient émerger dans les prochains jours et pendant le conclave.


