Dans cette œuvre, l’auteur dépeint Kaltouma, sa grand-mère, une femme dotée d’une remarquable force de caractère. Elle vient d’Am-Timan, rejoint son époux à Biltine et construit une famille. Toutefois, en 1945, s’opposant à l’idée que son mari prenne une autre épouse, elle choisit de le quitter et de retourner vivre chez ses parents, laissant son fils derrière elle.
Kaltouma rejette le parcours prédéterminé pour les femmes de son époque. Elle s’investit dans l’agriculture et le commerce, n’hésitant pas à franchir la frontière pour se rendre au Nigeria avec son père afin de commercer du bétail. Dans une période où ces fonctions étaient uniquement dévolues aux hommes, elle défie les normes établies et se distingue par sa détermination et son audace.
Suite à sa séparation, elle décide de rester célibataire, privilégiant une existence en solitaire axée sur son développement personnel. Par le biais de son histoire, Mahamat Saleh Haroun rend honneur à cette femme inspirante, emblème de ténacité et de résilience. Dans Ma grand-mère était un homme, l’écrivain propose un récit touchant sur le combat d’une femme contre les normes sociales, tout en soulignant le rôle fréquemment sous-estimé des femmes dans l’histoire du Tchad.


