Une escouade de gendarmes a fait une descente dans les locaux de la chaîne de télévision BNEWS1 avec une décision de justice pour procéder à sa fermeture, qui est effective depuis ce matin, le 8 juillet 2025. La matinale BNEWS MATIN n’a duré qu’une heure au lieu des deux heures habituelles. Ce qui explique la musique diffusée en boucle depuis 9 heures. Selon nos confrères de Médiatitude, la chaîne est fermée pour restructuration, car la refonte du « Tam-Tam du Continent » est enclenchée depuis peu. Malgré cela, une question demeure : pourquoi une fermeture « pour restructuration » avec intervention des forces de l’ordre sous décision de justice ? C’est probablement qu’il y a quelque chose de sous roche, même si, il y a seulement quelques semaines, les rumeurs de fermeture planaient, en raison de points de divergence entre le promoteur Lucas Owona et son directeur général, Ernest Obama.
Mais dans un communiqué, le promoteur de Bnews1, concernant les allégations de départ d’Ernest Obama de la direction du média, était formel : « M. Ernest Obama reste en charge de la direction générale de Bnews ». De plus, le promoteur de Bnews dément catégoriquement la rumeur selon laquelle le cabinet civil de la présidence de la République serait impliqué dans cette initiative de restructuration. Lucas Owona insiste sur le fait que cette démarche « relève de la compétence exclusive du promoteur de la chaîne ».
Pourtant, selon nos informations sur cette fermeture brusque, le fondateur serait également mécontent contre Ernest Obama et de l’évolution de la ligne éditoriale, qui « prend une direction différente de ce qu’il voulait au départ ». Le PDG et son DG seraient dans un conflit silencieux autour de la gestion de ce projet éditorial. Ce dernier, par exemple, ne « voudrait pas travailler avec Alain Belibi et les autres ». Ancien journaliste de la CRTV, Alain Belibi devrait en effet rejoindre Bnews1 dans les prochains jours, aux côtés d’autres journalistes bien connus.
Dans la foulée, d’autres raisons de cette fermeture brusque de Bnews1 sont évoquées.
Pour ses ambitions à la Fecafoot…
Selon la rumeur, ce qui semble opposer les deux hommes, c’est l’ambition à peine voilée d’Ernest Obama de se présenter à l’élection de la présidence de la fédération camerounaise de football contre son ancien patron, Samuel Eto’o. Une ambition qui déplaît fortement dans le clan de l’icône du football.
Selon le journaliste Boris Bertol, « Ernest OBAMA doit être remplacé à la tête de la direction générale de BNEWS suite aux instructions du cabinet civil » il « paie son ambition affichée de se porter candidat à la présidence de la FECAFOOT face à son ancien mentor, Samuel ETO’O ».
Pour des raisons politique…
Dans un contexte préélectoral tendu, notamment à quelques jours de la convocation du corps électoral pour la présidentielle 2025 au Cameroun, le débat sur le mandat impératif, qui semble opposer le RDPC et le MRC, fait rage dans les médias et Bnews1 n’est pas en marge. Ernest Obama, qui soutient le président Paul Biya ainsi que le RDPC à cette élection, aurait manqué à ses devoirs en invitant sur son plateau un contradicteur du pouvoir en place sur la question du mandat impératif.
C’est ce que soutient le journaliste Paul Chouta : « Contrairement à ce qui est relayé, il ne s’agit pas d’une simple mesure de restructuration interne, auquel cas BNEWS aurait préalablement informé ses téléspectateurs de l’arrêt momentané de ses activités ». « En réalité, le passage dimanche soir du candidat déclaré à la présidentielle, Maître Christian Ntimbane Bomo, qui avait été invité par Ernest Obama, a fait très mal. Particulièrement sur les explications claires sur la possibilité pour tout parti qui a des militants élus, même investis lors de la précédente élection dans ses rangs, à remplir la condition de parti représenté de l’article 121 du Code électoral. Mais aussi sur le comportement de ces intellectuels invités par le cabinet civil pour tromper le peuple ». « Ceux qui ont suivi cette émission ont vu Ernest Obama en très grande difficulté, laissant son invité prendre le dessus et le malmener ».
Quoi qu’il en soit, la fermeture de Bnews1 est la preuve d’un malaise profond entre le promoteur et son DG. Pour l’heure, la réaction d’Obama reste attendue, ainsi qu’un communiqué du promoteur sur la situation.


