Le samedi 12 avril 2025 au Festival du Livre de Paris, une scène surréaliste a eu lieu. Dans le cadre de l’un des événements les plus attendus dans le domaine de la littérature, environ une dizaine d’activistes d’extrême gauche ont intentionnellement visé le stand de la maison Fayard, qui appartient au groupe Bolloré. Des cris, des invectives, des projectiles de peluches ensanglantées, des slogans menaçants : « Bolloré, dégage. » Les équipes sur place, visiblement secouées, ont dû faire face à une agression aussi spectaculaire qu’injustifiable. Cet incident s’inscrit dans une stratégie d’intimidation plus vaste, ciblant non seulement des idées, mais aussi des institutions, des marques et des individus. Depuis plusieurs mois, les médias appartenant au groupe, à savoir CNews, Europe 1 et Le JDD, font fréquemment l’objet d’attaques. Des sit-ins, des appels au boycott, des invectives et des pressions dans les sphères culturelles et universitaires : l’approche est désormais bien établie.
Ce harcèlement cherche à établir un monopole idéologique. Que ce soit dans le domaine de l’information, de l’édition ou de la culture, toute voix considérée comme dissidente est contrainte au silence. On ne remet plus en question une affirmation, on s’en prend à ceux qui la soutiennent. Dans les couloirs d’une foire du livre tout comme sur un plateau télévisé, on retrouve la même dynamique de débat houleux. Fayard, une éditeur qui a fait ses preuves au fil du temps, représente la pluralité intellectuelle et l’indépendance de la publication. Le fait que ses équipes soient ainsi exposées publiquement lors d’un événement littéraire ne peut être interprété comme un simple excès de militantisme. C’est une tentative d’écarter par la force. Il convient de le dénoncer pour ce qu’il est : un acte qui foule aux pieds les fondements du débat démocratique.


