La vidéo omniprésente sur les médias sociaux kényans. On observe les élèves du lycée de Butere, à Kakamega, dans l’ouest du Kenya, monter à bord de leur bus scolaire, sous le feu des grenades lacrymogènes lancées par la police. Il y a quelques heures, elles ont décliné l’offre de présenter leur pièce, Les Échos de la guerre, qui raconte l’histoire d’un conflit intergénérationnel dans un royaume imaginaire. Après avoir été censurée en début de semaine par le gouvernement pour son contenu politique, une décision judiciaire du 9 avril a finalement permis la reprise de l’œuvre. Cependant, lorsqu’elles arrivent à la salle de spectacle jeudi, les demoiselles de Butere constatent que leurs costumes, décors et systèmes d’éclairage ont été saisis par les forces de l’ordre.
L’opposant Cleophas Malala, qui a écrit et dirigé la pièce, a également été appréhendé. « Un gouvernement qui s’attaque à ses propres enfants ne peut prétendre à aucune légitimité », déplore Faith Odhiambo, présidente de la Société kényane du droit. Selon Kalonzo Muzyoka, ancien Premier ministre et opposant, les événements récents constituent « une honte nationale. Lorsque l’art est soumis à la censure, la démocratie en souffre », a-t-il déclaré au micro de nos collègues de Radio France International (RFI). Après sa libération hier après-midi, Cleophas Malala a assuré qu’il ferait jouer son œuvre par des artistes professionnels dans les théâtres du Kenya.


