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La bataille des chéries : une série fastidieuse ?

La saison 1 de la série du célèbre Réalisateur Camerounais Ebenezer Kepombia, « la bataille des chéries », est diffusée depuis le 28 Aout 2023 sur A+. La série a subi jusqu’ici plusieurs critiques et appréciations des cinéphiles et des professionnels du cinéma. Décryptage des 39 premiers épisodes.

Depuis la série « Foyer polygamique » sortie en 2010, les productions du réalisateur camerounais Ebenezer Kepombia font jaser. Entre critiques et admirations, les cinéphiles et les professionnels du cinéma se lâchent.

Si une grande partie du public apprécie le travail du réalisateur, de nombreux professionnels relèvent quant à eux des insuffisances dans le travail de ce dernier.

Au demeurant, ces commentaires contribuent d’une certaine manière à la publicité des œuvres du cinéaste.

Les acteurs Big mop, Mado, Clarisse, Tonga, Mama assimba, Laura,… avec qui Ebenezer Kepombia aka Mitoumba a travaillé dans la série «Foyer polygamique », et qui ont marqué chacun à sa manière le public, sont pour la plus part absents dans les récentes productions du réalisateur (« Madame messieurs »)  par exemple, l’une des plus grosses audiences du réalisateur camerounais).

Des absences remarquées par les cinéphiles, qui s’offusquent du reste que, Mitoumba soit le seul parmi eux à s’être imposé dans le showbiz.

Cependant, il est important de dire que le monde évolue, l’art et le marketing aussi. C’est donc normal que l’homme du showbizness qu’il est, décide de s’entourer désormais de personnes qui savent comment se servir des technologies de l’information et de la communication.

A titre d’exemple, Mado n’est suivie que par 141.000 followers sur Facebook, Laura est quasi introuvable sur les réseaux sociaux, pendant que la nouvelle égérie de « Chambeny Entertainment », Muriel Blanche est suivie par 1.600.000 personnes sur Facebook.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont aujourd’hui incontournables dans le Showbiz. Toutefois, il faudrait faire attention à ne pas se laisser happer par cette technologie, de sorte à perdre son originalité. La bataille des chéries saison 1, est de l’avis de nombreux critiques, tombée dans ce piège.

La bataille des Chéries : Un casting alléchant saboté par un peu trop de modernité

La série raconte l’histoire d’une bataille fougueuse entre plusieurs femmes qui se battent pour conquérir le cœur d’un homme politique, lui-même combattu à son tour par des adversaires tous déterminés à gouverner la région de « Makoua ». C’est donc une histoire qui tourne autour de l’amour, de l’argent et du pouvoir.

Les décors sont parfaits. Ils épousent la trame de l’histoire et le standing que le producteur voulait attribuer à son film : le luxe et le glamour.«

La bataille des chéries » a été tournée pendant six mois dans trois régions du Cameroun. Kribi dans le sud, Limbe et Buea dans le sud-ouest et Douala dans le littoral. La production n’a pas lésiné sur les budgets, la série aurait couté près du milliard selon des informations révélées par Mitoumba sur le plateau de l’émission « le cœur des femmes » de Canal+ Elles.

La bande originale, la chanson Heroes of freedom de la chanteuse Camerounaise Kareyce Fotso est originale, patrimoniale, mais, devient fastidieuse à l’écoute car elle est la seule musique jouée dans la série. De plus, la tonalité de cette musique n’épouse pas certaines actions de la série.

Les costumes et les coiffures sont un peu trop modernes. Le pourcentage d’acteurs qui arborent du traditionnel dans la série est faible. Entre perruques indiennes, brésiliennes de couleurs et tenues occidentales, on regarde la série et on se demande si nous sommes toujours en Afrique, au Cameroun.

MAKOUA est une région imaginaire, mais le réalisateur souhaite dépeindre la réalité socio-politique africaine. On aurait donc aimé voir plus de costumes et coiffures africaines dans la série.
Les personnages. Certains noms attribués aux personnages de la série n’ont rien à voir avec les intonations des acteurs. Kenfack l’une des chéries d’Elie MBA, interprétée par Fidèle Ngo, une jeune femme Bassa’a, est trahie par son accent. Ses efforts pour le masquer son vains. Idem pour Eli MBA qui ne réussit pas à dissimuler son « ivoirité » à cause de son ton. Sa sœur Mabelle Mba est une Sawa du Cameroun, qui prononce quelquefois des mots en Douala dans la série. Ce qui pose un problème de cohérence dans l’attribution des noms des acteurs de la série.
Le maquillage est abusé, il n’est pas en parfaite harmonie avec certaines actrices.

Muriel Blanche a affirmé que le maquillage qu’on lui a fait avait pour but de la faire vieillir et de lui donner le charisme d’une femme de la quarantaine. Sauf que, ce maquillage ne la vieillit pas du tout. Elle parait dans la série comme elle est hors tournage.

Lucie Memba Boss, la fille de Blanche Bilongo, parait plus vieille que sa mère. Et pourtant, Lucie Memba Boss est plus fraiche et plus jeune sans maquillage. Le réalisateur aurait pû dans son cas se passer du maquillage ou du moins opter pour quelque chose de léger, simple.
L’étalonnage, trop coloré. Il donne l’impression que l’histoire se déroule dans un monde parfait. On dirait même qu’il s’agit d’un dessin animé encore que les dialogues et le jeu abusé, excessifs de certains acteurs n’arrangent pas les choses.

Des dialogues fastidieux et un jeu exagéré.

« Je mènerai la bataille jusqu’au bout », cette phrase est répétée plusieurs fois dans plusieurs épisodes des 39 diffusés jusqu’ici.

Cette phrase sans cesse ressassée par les acteurs pouvait être expimée différemment, à travers notamment, l’expression corporelle (gestuelle, regard). Les cinéphiles attentifs, avaient déjà compris dès le début la trame de la série, elle tournera autour d’une bataille. Le redire sans cesse rend la série fastidieuse. De plus, les émotions sont trop parlées dans cette série. Pour transmettre une émotion parfois le silence et l’expression corporelle communique suffisamment plus que le dialogue verbal. Trop parler de son malaise, de son ambition ou de son intention au cinéma rend le jeu ennuyeux et faux.

Dans « la bataille des chéries », le scénario exagère avec le dialogue verbal. Il y’en a trop. Hortavie Mpondo répète tout le temps à sa mère qu’elle est déterminée à se venger de son père, Fatima Mba qu’elle est déçue de son mari Eli Mba et Mabelle Mba avec les mêmes actions chaque fois, est déterminée à mener la vie dure à sa belle-sœur.

Le scénario est statique et n’éveille aucun suspens. Les cinéastes Camerounais devraient songer à privilégier le silence au milieu de dialogues pertinents pour mieux transmettre les émotions.

Le jeu de Deneuve Djobong qui incarne le personnage de Marguerite TChatchoua est trop théâtral. Il n’est pas réaliste, malgré qu’elle articule bien, elle parle trop haut et pendant de longues minutes.

Les acteurs ont tout de même une belle prestance à l’écran, malgré quelques coquilles sur le plan de l’acting. Landry Gnamba, Jean Claude Suitchou, Blanche Bilongo, Denise Abaze Sack, Fidèle Ngo, sont naturels dans leurs jeux.

Muriel Blanche s’est beaucoup améliorée, elle reste stoïque dans le personnage qu’elle incarne, Deneuve Djobong, est très sexy dans le rôle de méchante cougar, ça change un peu. Lucie Memba Boss est tout simplement belle ; quant à la petite Dina, elle s’impose au milieu de tant d’expérience.

En conclusion, sans faire l’unanimité, Ebenezer Kepombia contribue et de fort belle manière au rayonnement du cinéma Camerounais. La saison 1 de la bataille des chéries continue son périple sur la chaine A+ du lundi au vendredi.

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