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L’appli littéraire Marcel, un club de lecture à l’heure des réseaux sociaux

Cette nouvelle plateforme, à la fois sobre et divertissante, vous offre la possibilité de vous mettre en relation avec des amateurs de littérature dont les préférences littéraires sont similaires aux vôtres. Et aussi de découvrir de nouvelles suggestions. À l’image d’un club de lecture en ligne.

Officiellement dévoilée le matin du vendredi 11 avril, cette application a vu le jour d’un désir : transformer le livre en un vecteur de rencontre. Que ce soit en ligne, via un forum de discussion, ou en personne, en encourageant les amateurs de livres à former leur propre cercle de lecture. Une option finale, appelée « l’heure verte », invite les utilisateurs du web à planifier des moments de lecture silencieuse, côte à côte. « C’est semblable à Instagram. Il y a une décennie, il semblait étrange d’échanger en messages directs sur cette plateforme. « De nos jours, c’est courant, alors pourquoi cela ne pourrait-il pas se faire à travers les livres ? » , argumenteClara, jeune étudiante rencontrée par nos confrères du magazine Telerama et abonnée à cette application.

En fait, si l’on y regarde de près, Marcel n’est pas la seule application à offrir ce genre de service. En l’espace de quinze ans, des plateformes dédiées au livre et intégrant un service de messagerie, telles que Babelio, Gleeph, Goodreads et Booklink, ont émergé tant en France qu’à l’étranger. « Tous les deux ou trois ans, une appli de lecture est créée par des passionnés. On le voit aussi dans le cinéma, avec Letterboxd ou Senscritique. Selon moi, cela peut résulter d’un besoin d’échange, mais aussi, et surtout, d’un manque d’information et de curation devant une offre devenue pléthorique », analyse Pierre Krause, responsable éditorial chez Babelio. Cette tendance est corroborée par le dernier baromètre du Centre national du livre (Cnl), qui met en lumière l’importance croissante de ces plateformes recommandatrices : d’après cette recherche, 42 % des lecteurs se laissent guider par les recommandations d’un utilisateur sur un site web ou sur les réseaux sociaux.

« Ces plateformes ne sont pas nos rivales », esquive Nathalie Sauer, cofondatrice de Marcel, qui rappelle que leur objectif n’est pas d’imposer des recommandations, mais de favoriser des interactions en présentiel. « C’est semblable à un dédale. On ne peut jamais prévoir à qui les livres vont nous conduire. » Nathalie Sauer, ex-journaliste experte en matière environnementale, a décidé de se lancer dans ce projet afin de retrouver les stimulantes discussions qu’elle avait lors de ses lectures à l’université, il y a déjà plusieurs années. En réponse à ce souhait, elle a incorporé ce qu’elle considère être l’essence des applications de nouvelle génération : « On peut actuellement identifier trois vagues distinctes dans le domaine du digital social. La première catégorie concerne les médias sociaux ; la deuxième inclut les applications de rencontre ; et la troisième, ce qu’on nomme le « real life », à savoir des plateformes telles que le Offline Club ou Meetup, dont l’objectif est d’organiser des rencontres en personne. Marcel appartient à ce dernier groupe », déclare celle qui prend déjà plaisir à imaginer son outil en usage à travers toute l’Europe et même aux États-Unis.

Dans l’attente d’une domination globale, quelques événements sont déjà visibles sur la carte interactive de l’appli. Rendez-vous à Paris le 4 mai prochain pour un déjeuner-discussion centré sur l’œuvre du lauréat du prix Nobel, Kazuo Ishiguro.

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