Stéphanie Le Cam, qui dirige la Ligue des auteurs professionnels et qui a pris part à cette contre-manifestation, confie : « Tout le monde arrive. En tout, 750 individus se sont réunis. Chacun prend place, cherche une position, une information. J’éprouve une sensation d’attente manifeste, un désir de saisir, d’interroger le thème qui nous rassemble ici : l’environnement, la traduction en péril, cette friction entre l’avancement et ses répercussions, etc. Puis, un groupe de jeunes fait une apparition soudaine, muni d’un mégaphone. Ils se définissent comme étant « anti-tech », une radicalité qui s’écarte de ce contre-sommet. Ces jeunes qui n’ont pas eu leur mot à dire au Grand Palais, surveillés de près par les CRS, sont ensuite venus déranger les gauchistes du Théâtre de la Concorde pendant un quart d’heure… », fait remarquer la juriste, avec une touche d’humour. Anne Hidalgo, qui était censée intervenir lors de l’ouverture du contre-sommet, n’a pas fait le déplacement de son côté…
Un peu désordonné, parfois bruyant, orchestré dans un délai très serré et avec des ressources limitées, mais soutenu par des experts et d’autres journalistes dévoués et dynamiques, pour traiter de questions d’ampleur considérable. « C’était super », résume Stéphanie Le Cam, et qui a noté, lors de cet événement, « une grande préoccupation, souvent sous-estimée » concernant l’IA. « Dans l’industrie du livre, il est probable que nous subissons déjà un impact, mais nous ne disposons pas de données tangibles. » « Nous avons par exemple des représentants de France Travail ou de La Poste qui constatent les investissements actuels dans l’IA, avec l’intention avouée de supprimer des emplois, d’automatiser », déclare cette dernière.
Une anecdote : « Des CRS sont venus prendre deux affiches de deux militantes devant le théâtre, qui disaient en substance, « on veut l’intelligence humaine plutôt que artificielle ». Une partie impressionnante de la sécurité nationale était au Grand Palais, et certains ont visiblement du temps pour traverser et arracher deux affiches, c’est désolant… »


