Dès l’aube du lundi 3 février, Mamou Daffé, Ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, a ouvert les portes de Ségou à ses homologues nigérien et burkinabè pour une double célébration: la première édition de la Semaine de la Fraternité de l’AES, et la 21e édition du Festival sur le Niger.

Le colonel-major Abdourahamane Amadou, Ministre de la Culture du Niger, et M. Pingdwendé Gilbert, son homologue burkinabè, ont été accueillis avec les honneurs dus à leur rang, dans une atmosphère empreinte de chaleur et de convivialité.

« Cette rencontre incarne l’esprit du Diatiguiya malien, cette hospitalité légendaire qui transcende les frontières », a déclaré Mamou Daffé, soulignant l’importance de ces échanges pour renforcer les liens historiques et culturels entre les trois nations.
Au-delà d’un simple rendez-vous festif, cette double célébration revêt une dimension politique forte. En plaçant la culture au centre de leur projet commun, les pays de l’AES montrent leur volonté de rompre avec les anciennes structures de coopération pour bâtir un modèle qui s’appuie sur leurs propres références culturelles et historiques. « La culture est la pierre angulaire de notre unité et de notre souveraineté », a affirmé mardi 04 Février 2025 le ministre malien de la Culture, Mamou Daffé, lors de son discours d’ouverture.
Placée sous le thème « Trois États souverains, un destin commun, un avenir prospère », la Semaine de la Fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES) est une initiative qui s’inscrit dans la vision stratégique de la composante « Culture Mali 2025« , issue du programme présidentiel de développement de la culture « Maliden Kura« .
Au programme, un concert regroupant l‘Ensemble Instrumental du Mali, Sogha du Niger, Bolomakoté du Burkina Faso et d’autres figures majeures de la scène malienne, qui ont su captiver le public en mêlant sonorités traditionnelles et touches de modernité. Ces performances révèlent toute la passion musicale du Sahel et illustrent parfaitement l’esprit de fraternité qui donne vie à ce projet.

Un des moments forts de la cérémonie a été la chorégraphie dite de l’AES. Dans une mise en scène grandiose, danseurs et musiciens ont exprimé par leurs gestes et leurs rythmes la résilience et l’unité des peuples du bloc. Ce tableau artistique a symbolisé, de manière émouvante, l’ambition politique et culturelle de l’AES, faisant écho à l’héritage des grandes civilisations sahéliennes.
Le choix de Ségou pour accueillir cette célébration n’est pas anodin. Ville historique et berceau d’un des plus grands empires d’Afrique de l’Ouest, Ségou incarne la mémoire des résistances passées et l’affirmation d’une identité culturelle forte. Dans un contexte où l’AES cherche à renforcer son indépendance politique et économique, la culture se présente comme un vecteur essentiel de mobilisation, de transmission des valeurs et de projection d’un avenir commun.

Il ne reste plus qu’à espérer que cette initiative marque un véritable tournant dans les politiques publiques des États membres et qu’elle parvienne à structurer une industrie culturelle pérenne, générant des retombées économiques et diplomatiques tant au niveau régional qu’international. Seul l’avenir dira l’ampleur de cet acte politique, qui vise à redonner à la culture une place centrale dans la refondation des États sahéliens. Mais, au vu de ce qui se passe ici, l’espoir est plus que permis.


