Réceptacle des valeurs patrimoniales, les instruments de musique traditionnels africains doivent être préservés, valorisés et soigneusement conservés. Insuffler une dynamique nouvelle sur le marché de la fabrication local permettrait une plus grande appropriation et un intérêt de nos contemporains vis-à-vis de ces instruments de musique. Le programme de Valorisation des Instruments de musique Traditionnels d’Afrique (VITA), plus connu sous le nom de L’instrumenthèque d’Afrique, ambitionne de relever ce pari. Porté par l’association Afrikayna, il sort des fonds baptismaux, en 2017 grâce notamment à l’appui des partenaires tels que, l’Association EAC L’Boulvart de Casablanca, l’Association Sandja du Cameroun, la Fondation Festival Sur le Niger du Mali et le soutien du Groupe OCP.
L’instrumenthèque d’Afrique est adossé sur trois piliers essentiels. La collecte des données et d’instruments. Ce premier pan consiste entre autre à collecter, documenter et mettre en valeur les instruments de musique traditionnels africains. Il s’attèle aussi à sensibiliser le public sur l’importance historique et culturelle desdits instruments. Le deuxième axe de l’instrumenthèque d’Afrique, Rencontres et ateliers vise pour sa part à offrir des plateformes de rencontres et d’échanges aux fabricants d’instruments de musique traditionnels africains, aux luthiers, aux artisans, aux musiciens et aux experts de diverses disciplines liées au patrimoine musical africain. Il est question de permettre un partage d’expériences et d’idées sur les défis et les opportunités que ce domaine pertinent des arts et de la culture charrie. Le troisième axe, Plateforme web participative permet un accès facile aux données recueillies, aux photographies, aux scans 3D, aux fiches techniques, aux vidéos et aux enregistrements sonores.
Depuis le lancement de l’instrumenthèque d’Afrique en 2017, une bonne brochette d’instruments ont été collectés et valorisés, de nombreuses avancées en la matière sont à inscrire au crédit du projet et les réflexions se poursuivent, car il y’a encore beaucoup à faire. La table ronde du 07 mai 2025, peut donc être aisément perçue comme le continuum de cette action amplement bénéfique à la culture patrimoniale africaine.

Enjeux de la table ronde
Susciter une réflexion collective sur la place des instruments de musique traditionnels d’Afrique dans nos sociétés contemporaines, tel est le principal enjeu de la table ronde que Afrikayna organise ce mercredi 07 mai 2025 au siège du bureau régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale au quartier Dragage dans le premier arrondissement de la ville de Yaoundé. Les organisateurs souhaitent mettre en exergue la diversité et la richesse des instruments de musique traditionnels africains. Ils vont entre autre, interroger les dynamiques de transmissions, de fabrication et de patrimonialisation des instruments de musique africains. Il sera également question d’encourager l’apprentissage des instruments de musique traditionnels africains dans les systèmes éducatifs, leur intégration dans les politiques culturelles et les créations artistiques actuelles, de promouvoir les initiatives de sauvegarde, d’innovation et de coopération interculturelle autour de ces instruments et enfin, de valoriser le savoir-faire des artisans luthiers et des porteurs de tradition. Les préoccupations qui entourent la table ronde de Yaoundé sont nombreuses.
Le contexte dans lequel nous évoluons aujourd’hui, force de constater que, la mondialisation accélérée dans laquelle nous baignons et son corollaire, la modernisation des pratiques artistiques, fait régresser l’écoute de nos instruments de musique traditionnels. Pour éviter le grand risque de les voir disparaitre, il faut travailler pour leur reconnaissance, leur transmission et leur réappropriation par les jeunes générations. Afrikayna suggère donc une réflexion et un dialogue profonds entre les musiciens, les chercheurs, les artisans, les éducateurs, les institutions culturelles et les communautés locales.
La table ronde et l’exposition qui suivra indiquent aux africains, toutes générations comprises que nos instruments de musique traditionnels sont : « porteurs de mémoire, de savoirs et d’identités ». Ils sont bien plus que de simples instruments culturels. Ce sont des éléments cultuels, rituels « des leviers de développement et de rayonnement ».
Les enjeux qui sous-tendent la réflexion de Yaoundé sont multiples. Il est notamment question de collecter, préserver et valoriser les Instruments de musique Traditionnels d’Afrique, mais surtout de transmettre ce précieux héritage aux jeunes générations. L’association SANDJA et ses partenaires sont résolument engagés dans cette bataille.
La mission est ardue et impose une réflexion collective. Pour cela, divers acteurs sont mis à contribution. Artistes, artisans, universitaires, institutions internationales au premier desquels l’UNESCO, facilitateur de la table ronde de Yaoundé et institutions publiques, notamment le Ministère des Arts et de la Culture s’unissent pour réfléchir sur les solutions à implémenter pour conserver ce riche patrimoine commun. Les dynamiques de transmissions, de fabrication et de patrimonialisation des instruments de musique traditionnels africains sont donc au cœur de cette réflexion.
L’épineuse problématique de l’apprentissage des instruments de musique traditionnels africains dans les systèmes éducatifs, leur intégration dans les politiques culturelles et les créations artistiques actuelles, la promotion des initiatives de sauvegarde, d’innovation et de coopération interculturelle autour de ces instruments apparaissent comme les voies à suivre pour redorer le blason des instruments de musique traditionnels africains, « porteurs de mémoire, de savoirs et d’identités ».
Le monde globalisant dans lequel nous évoluons aujourd’hui, force de constater que, en allant à la rencontre des autres cultures, l’Afrique peine à conserver les fondements originels de sa culture. La modernisation des pratiques artistiques, fait régresser l’écoute de nos instruments de musique traditionnels. Si des actions comme celles que promeut l’association SANDJA ne sont pas entreprises, le risque est grand de voir disparaitre nos instruments de musique traditionnels. Aujourd’hui, bien plus qu’hier et encore davantage demain, il faut travailler pour leur reconnaissance, leur transmission et leur réappropriation par les jeunes générations.
Les jeunes et le grand public camerounais et étrangers auront en marge de cette table ronde, l’extraordinaire privilège de découvrir ou de redécouvrir les instruments de musique traditionnels d’Afrique. Pendant un mois, du 07 mai au 05 juin 2025, le musée national de Yaoundé reçoit l’exposition baptisée « l’instrumenthèque d’Afrique ». L’histoire des peuples, les rituels et célébrations du berceau de l’humanité seront comptés à travers, Membranophones, Idiomes, Aérophones et Cordophones. Cette exposition confie le promoteur de l’association SANDJA, Michel Ndoh « célèbre l’âme musicale de l’Afrique et rappelle que ses instruments, plus que de simples objets, sont gardiens d’identités et de traditions séculaires ». Le détour vaudra la chandelle.

SANDJA : la plateforme de valorisation et de promotion des instruments de musique traditionnels d’Afrique
Dans le littoral camerounais, « le SANDJA » est connu de tous. C’est un vêtement traditionnel dont les hommes se drapent pour des occasions spéciales. Tout aussi spéciale est la mission de l’association SANDJA. Organisation de droit camerounais, l’association SANDJA est créée en 2001. Sa principale mission, est la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel musical camerounais et africain. Fort de ses 24 années d’expérience dans le domaine de la conservation de l’héritage patrimonial musical camerounais et africain, elle se dispose à accompagner toutes les organisations et las programmes qui militent pour la même cause. L’intérêt de l’association SANDJA se porte aussi sur d’autres aspects en liaison avec le patrimoine matériel et immatériel. Elle est particulièrement sensible aux programmes d’éducation et de vulgarisation des arts et de la culture.
Il n’y’a pas plus catholique que le pape. Ce dicton connu de tous trouve ici une plus belle résonnance. Nous n’avons pas trouvé plus belle formule que celle retenue par l’association Sandja pour décrire son action et son engagement en faveur des richesses patrimoniales matérielles et immatérielles du Cameroun et de l’Afrique : « Nos actions tissent des liens d’amitié et de solidarité pour un rayonnement culturel inspirant ».


