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Pourquoi les Marocains ne veulent pas de Booba chez eux en concert?

Booba se produira-t-il le 21 juin prochain au Maroc? Depuis l’officialisation de son concert, la question se pose sérieusement. Le DUC est au cœur d’une campagne d’appel au boycott sur les réseaux.

Le rappeur du 92 devrait se produire sur scène au complexe sportif Mohammed V de Casablanca l’été prochain. Toutefois, sa venue est bien loin de faire l’unanimité auprès des marocain(e)s. Sa présence est vécue par beaucoup d’internautes comme une provocation et un manque de respect au Royaume Chérifien. Pour cause, des propos tendancieux sur la femme maghrébine dans plusieurs de ses chansons. Certains propos blasphématoires lui sont également reprochés. Les exemples ne manquent pas:

« Petite Marocaine se tape Berlusconi (izi) » Booba – Elephant
« J’vais à la chicha qu’pour les beurettes » Booba – Génération Assassin
« Pauvre Marie était vierge, elle m’a snapée les doigts dans la ch***e » Booba – Azerty

Tarik Talk a été l’un des premiers Twittos à s’insurger publiquement contre la venue du rappeur. Cet internaute, influent dans la sphère marocaine exprime son indignation.

« Personnellement, je continuerai à désapprouver jusqu’à l’obtention de l’annulation. Si le concert de Booba est maintenu, ce n’est pas un échec. C’est une offense ! »

Un mouvement très massif où l’on a pu voir défiler des centaines voir des milliers de tweets de consternation. Maes, ex-proche de B20 et artiste franco-marocain a très largement relayé et plébiscité cette campagne de boycott sur son compte Instagram. Il encourage le mouvement à s’intensifier pour annuler définitivement le concert. Annulation qui pourrait devenir réalité, puisque cela n’est pas sans rappeler une situation assez familière pour Booba. En marge d’un concert prévu dans une boîte de nuit de Lyon en mars 2016, la salle avait été volontairement saccagée par une centaine d’individus pour empêcher le rappeur de se produire pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui… À l’époque, la campagne de déstabilisation avait été à l’initiative du controversé Snapchateur Bassem Braiki, originaire de la région.

Tarik Talk explique qu’il n’y a rien de personnel contre Booba. C’est une réflexion plus large qui est menée. Il y a une volonté appuyée de changer les mentalités. Selon lui, ces dernières années, les mœurs ont beaucoup évolué dans l’esprit des marocains et la population ne se veut plus aussi permissive qu’auparavant sur des sujets aussi importants que le respect de la femme et le respect de la nation. Il souhaite à tout prix éviter une banalisation des propos dégradants envers les femmes marocaines. C’est le cœur même de son action.

« Peu importe l’artiste, son origine, sa nationalité ou son univers musical. Ça sera la même réaction de rejet pour quiconque. Les marocains ne laissent plus passer ce genre de choses. Tu es respectueux avec le Maroc, les marocains t’accueilleront royalement. Tu es dans la provocation et le dénigrement, tu n’es pas le bienvenu au Maroc. »

Une vision également partagée par Salma. Pour elle, l’annulation du concert n’est pas une fin en soi. L’éveil des consciences est un sujet hautement plus primordial.

« Amener la personne concernée qui a émis les insultes ou autres à la réflexion afin de prendre conscience de son acte. Se rendre au Maroc, c’est respecter son drapeau, sa culture, sa population et tous les symboles qui le constituent. Ne nous arrêtons pas à un échec d’un concert mais allons vers une réflexion et vers le respect de l’autre. Qu’il soit un échec ou non cela ne doit tout simplement plus se reproduire. »

Depuis quelques années, les revendications se multiplient sur le sujet du respect de la femme maghrébine. Des incidents récurrents qui pourraient se réitérer si le concert venait à être maintenu. Cependant, la société organisatrice assure pour le moment que le concert est bel et bien d’actualité à date.

Written by Tato Kamdem

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