Pour sa première mise en scène au théâtre, la troupe Les Asphodèles du Colibri examine le rapport conflictuel entre mémoire et silence. Tirée d’une histoire authentique, la trame narrative suit Rachel et Malrich, deux frères aux antipodes, face aux révélations concernant le passé nazi de leur père. Le premier s’écroule sous le poids de cette réalité, pendant que le second la saisit pour interroger : devons-nous rendre compte des erreurs de nos parents ? Cette mise en scène théâtrale va au-delà de cette simple interrogation.
Elle questionne l’aptitude de chaque individu à reprendre la parole, à regagner la vérité et à affronter le passé en vue de construire un futur. Une narration qui fonctionne comme un cri de résistance contre l’oubli, l’amnésie et le négationnisme. Une déclaration indispensable, contre et malgré les silences. Avec la force d’un drame contemporain, l’œuvre touche, dérange et apaise, soulignant que l’espoir demeure possible malgré tout. Dans une situation où Boualem Sansal, écrivain de prestige et figure importante du monde francophone, a été appréhendé en Algérie, cette œuvre acquiert une résonance d’autant plus intense. Elle présente une chance exceptionnelle d’informer le public sur les luttes pour la liberté d’expression, la justice et la mémoire.


